GASPÉSIE - COIN DU BANC et BONAVENTURE

02 12 2008

Elle est née « une Rail » à Coin du banc, juste avant Percé.

Une plage de bois de mer roulés sur fond de gravats..

Un coin de descendants d’Irlandais assimilés, pauvres comme Job, qui ne mangeaient que de la morue et des patates.. quand ils en avaient à se mettre sous la dent

C’était la misère peuplée, pour les filles, du simple rêve d’aller un jour à Percé chez « Robin » voir, juste voir même pas toucher, les belles parures et dentelles et beaux souliers.. et, pour les gars, un avenir de pêcheur exploité au service de maîtres de plage sans cœur ou de pêcheurs indépendants mais crevant de faim aussi jusqu’à ce que la mort vienne les refroidir dans la mer salée..

De ces « Rail » il s’en retrouvera à Marathon, en Ontario, à Kapuskasing et à Ottawa.

Elle aboutira à Québec, « rouleuse » de cigarettes à l‘Imperial Tobacco..

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En effet, alors qu’elle n’avait que cinq ans, son père, comme une bonne partie des pêcheurs du temps, s’est noyé au large, en essayant de ramener dans sa barque des morues pêchées unes à unes..

Ses frères et sœurs furent dispersés ici et là dans des familles d‘accueil..

Sa mère réussit à devenir institutrice à Bonaventure dans une école de village de plusieurs classes, comme c’était la coutume. Tous ses élèves étaient des Arsenault, tout comme elle.

Bonaventure , la ville des Acadiens et de Bona Arsenault.

Bonaventure sur la Baie des Chaleurs.

Comme cet endroit a changé en cinquante ans.

Il faut y visiter le musée des Acadiens, modeste, mais combien révélateur.

Il faut faire la marche dans la vieille partie du village d’alors.

J’y ai revu le vieux magasin général des Goulet, construit en 1931, où j’avais rencontré une belle et plaisante jeune fille, Lucille.. Pour la revoir quelques années plus tard ( plus de trente ans) en Outaouais, alors que mon ami me présentait sa fiancée.. Lucille !

Nous nous sommes reconnus. Avec plaisir.

Bonaventure, dont le remplissage des rives et le remblai de pierres permettent à la # 132 de passer devant l’église sans s’arrêter, un cadeau ( empoisonné ?) de Lévesque, pas René, mais Gérard D.…

Et qui a privé le cimetière de sa solitude et de son calme, car la route en frôle la clôture et empêche le recueillement sur les tombes..

Une paix que l’on peut retrouver facilement au barachois où sternes, cormorans, et goélands vous feront la fête..

Justement, l’église mérite d’être visitée. Elle est belle, fraîche, accueillante, même si les peintures de Georges S, Dorval, à la voûte peuvent nous distraire.

Et il y a la « maison blanche », au bout de la promenade, de biais avec l’église qui est maintenant un Riotel, mais qui a appartenue à Bona Arsenault, dans le temps..

Pendant ce temps-là, Coin du Banc est devenu une plage  déserte, sans habitants, où le vent joue à sa guise avec les herbes et les vagues..

J’ai tenu à photographier ce site en demandant la permission de passer sur le terrain de l’Auberge du Coin du Banc, d‘excellente réputation.

Seuls ses hôtes peuvent y vivre la sérénité séculaire de ce coin  de banc de sable..




GASPÉSIE MODERNE -2

02 12 2008

 

Dans les temps anciens, les micmacs et les malécites parcouraient la Gaspésie en quête de viande et de poisson. Puis retournaient à d’autres terres plus giboyeuses l’automne venu..

Nos ancêtres « blancs» préféraient commercer le castor puis le poisson, puis le bois, puis les mines..

Et ils ont cherché à s’installer n permanence, épuisés par les longs voyages vers l’Europe..

Quelques marchands « capitalistes » se sont enrichis pendant que le autres crevaient de misère.

Et c’est bien de MISÈRE dont il faut parler pour les Gaspésiens.

Dans le temps, c’était la misère.

Aujourd’hui, est-ce encore le cas ?

On serait facilement tenté de dire oui.

La pêche¸ ça ne mord plus.. Le bois, ça ne coupe plus et les mines ça ne creuse plus..

La grande industrie est le chômage et le bien -être social !

Il faudrait regarder un peu plus loin.

Ce qui avait manqué pendant les années de l’Empire britannique, c’est l’éducation.

Les écoles!

On parle de progrès sur plus d’un siècle..

On parle d’un changement de culture profond qui fait qu’aujourd’hui on retrouve plusieurs jeunes universitaires gaspésiens qui oeuvrent chez eux dans des domaines qui n’existaient même pas dans le temps de leurs parents.

Ce n’est pas en Gaspésie encore, mais à sa porte: Rimouski et Québec-Téléphone..

Rimouski s’est transformée. Sa promenade, sous forme de coursive de bateau, le long des rives est des plus romantique.

C’est à croire que sa colonne des marées est là bien plus pour saisir la hausse du nombre des pulsations chez les amoureux..

Pas besoin de cellulaire et ici on s’y connaît en téléphonie…

Qui ne connaît pas Québec-Téléphone ?

Son histoire a débuté en 1927 avec l’Honorable Jules A. Brillant pour devenir aujourd’hui Telus.

Je me souviens qu’en 1971, année où elle adoptait une nouvelle image corporative, Québec-Téléphone était l’entreprise de communication la plus avancée au point de vue technologique. L’absence de densité de sa clientèle ainsi que l’éloignement de ces clientèles ( de la Côte nord à la Beauce) en étaient des bonnes raisons et l‘y avaient forcé..

L’imagination, la créativité et la compétence du personnel ont fait le reste.

Et que dire de l’ère de l’éolienne (centre d’interprétation de Cap-Chat ) ?

La Gaspésie est le plus grand corridor des vents en Amérique !! Aussi bien l‘exploiter !!

Et l’océanographie, la biologie marine, l’écologie, l’aquaculture, etc..?

Le centre Explorama de Ste Anne des Monts est un exemple frappant.

Y faire un arrêt c’est apprendre en quelques heures la Gaspésie et notre monde.

Sur son site ( Internet), on peut lire :

« La Gaspésie, c’est la mer et la terre réunies, mais c’est aussi l’homme étroitement fondu à la nature. Ses côtes baignées par les eaux du Saint-Laurent et de la Baie des Chaleurs sont faites de plateaux, de caps, de forêts et de montagnes. L’institution culturelle Explorama vise à faire comprendre la complexité de cet univers.»

Et si on allait respirer un peu dans le parc de la Gaspésie ?

 


 




UNE GASPÉSIE MODERNE -1

02 12 2008

 

Oui, cet été, comme des millions d’autres j’ai passé des semaines à faire les 400 coups à Québec, .. Avec le seul regret de ne pas avoir été un peu plus jeune pour me défoncer comme autrefois..

On s’est bien amusé tout en reconnaissant que ces beaux moments nous ont été offerts par des gens qui, pendant 400 ans, ont trimé dur pour survivre sans savoir qu’ils nous gratifieraient de ce spectacle, de cette fête.

Ils nous ont enseigné comment se dépasser.

De quoi véritablement fêter..

J’en ai appris sur Québec comme jamais.

Tant qu’à voyager dans le temps, pourquoi ne pas chercher aussi à couvrir de l’espace ?

Des amis avaient exprimé le désir de visiter la Gaspésie et, moi, je mourais d’envie d’y retourner. Ma dernière visite à Gaspé remontait à 1980 et c’était à l’occasion de la remise d’une contribution au Musée de la Gaspésie. Un voyage aller-retour en avion privé, ma chère.

J’avais hâte de revoir cette péninsule en forme de pince de homard que j’avais parcourue quelques années avant, pendant trois semaines avec ma famille..

Je me souvenais de villages gris et presque sans vie.

Ma foi, on peut maintenant parler d’une Gaspésie moderne.

Percé c’était mal foutu et respirait la misère. C’était plus hyppie et marginal qu’autre chose. Qui aurait osé dire que c’était la période de la naissance de toute une vie culturelle qui envahirait le Québec ?..

Voilà que Percé a pris l’air d’une station balnéaire proprette, que les maisons sont fleuries ici comme sur tout le pourtour de la Gaspésie, que les gens semblent encore plus joyeux et empressés ( ça, ce n’est pas nouveau ). Évidemment, il y a aussi ces boutiques accroche-touristes qui vous poussent la camelote de Chine, faute de mieux. Les vraies boutiques n’en sont que plus intéressantes. Je pense à celle de Martin Boucher Arsenault, «Wazo », entre autres.. Un bijou !

Et Percé vu du Mont Ste Anne ! OUF

Je dois reconnaître que je m’étais préparé de longue date à ce voyage. Mieux que la première fois. J’avais alors une caisse pleine de dépliants publicitaires et nous essayions de découvrir des nouveautés à l’aide des familles chez qui nous logions.

Cet été, je me suis intéressé à la géologie, à l’histoire des Gaspésiens, à leur vie actuelle.

Et surtout à l’évolution de leur société, parce qu’ils sont différents nos Gaspésiens, tout en étant aussi fièrement Québécois que nous..

Un mélange de Micmacs ou Malécites, d’Acadiens déportés, d’Irlandais, de Jersiais, d’Allemands, de Français, Écossais et même de descendants d’anciens esclaves noirs.

Une vague de l’Ouest, les colons de la Nouvelle-France en quête de terres suite à l’Occupation; une vague de l’est, des marchands des Iles jersiaises, les Robin et cie ; une vague du sud , les Loyalistes venus des états américains et qui voleront les aboiteaux des Acadiens..

Nos Micmacs et Malécites, eux, pourtant membres d’une grande famille de nations indiennes, dont la Gaspésie était séculairement terrain de chasse, se faisaient marcher dessus et piller par tout ce beau monde..

Et chacun a tenté d’assimiler l’autre.

Deux sœurs rencontrées à Carleton sur Mer qui se présentent en disant : « Elle est plus anglaise que moi, c’est de par son mari.. Tu comprends, cher ? »

Mon plus beau souvenir de ce voyage ?

Est-ce cette rencontre avec Wasaweg ( Lillian Germain), une fière Micmac de Listuguj, à Ristigouche? Son sens de l’accueil pérenne s’est combiné à sa grande générosité.

Elle nous a gratifié d’un cours de micmaque, langue que leurs écoles ont recommencé à enseigner. Quelle joie dans ses yeux. Quelle émotion dans les nôtres.!!

Ou est-ce le plaisir d’apprendre, au pied du rocher Percé, que le cap Mont Joli est la fin d’un géosynclinal qui passe sous terre pour aboutir à Gaspé ? Alexandra, la naturaliste, serait probablement heureuse de savoir que nous avons retenu cette information. Comment oublier, elle nous parlait d’une formation géologique vieille de 400 millions d’année..?

Ou est-ce, à Percé, au Riotel, Marie Nicholas de Ferrer dont la culture est si universelle et substantielle qu’elle nous a surpris à vouloir, en vain, la piéger. Et elle nous a estomaquée en nous apprenant qu’on pouvait endormir un homard en lui flattant le dessus de la tête. Mieux, elle en a fait un roman : « Si le homard s’éveillait», dont la suite est à paraître bientôt. ?

Ou est-ce ce bûcheron de Matane, au visage envahi d’une forêt de rides, qui nous a guidé dans les vieilles rues de son coin, puis nous a conduit à la passe aux saumons, et nous a quitté le sourire aux lèvres, fier d’avoir accompli, encore une fois, son devoir.?

Ou encore, M. Richard de Grande Vallée qui nous a fait visiter son jardin et ses splendides roses trémières rouges doubles et qui a même tenu sa promesse de nous envoyer des graines, lesquelles nous avons reçu le matin même que je rédigeais ce billet.? Il a même réussi à nous faire oublier le pont couvert pour lequel nous nous étions déplacés..

Ou encore, est-ce Julie Cyr du restaurant « L’Étale » de Port Daniel qui nous a conseillé un club sandwich au crabe frais ( concocté par Jeannine Caspilloux) de préférence à celui au homard. ? Le meilleur jamais dégusté et nous l’avons fait en regardant un héron pêcher lentement dans les eaux du marais sans se laisser déranger par un superbe chien policier qui aidait son maître à entrer du bois ( pour l’hiver déjà ? )

Ou est-ce, en fin de voyage, aux portes de l’Enfer, à 40 kilomètres de Rimouski, d’entendre notre compagnon de voyage lancer un véritable cri primal devant la beauté sauvage du paysage. Dire que des hommes se sont échinés ici pour gagner quelques dollars à draver du bois dans ces torrents inaccessibles ..Vraiment infernal ! .. Maudite misère..

Aujourd’hui, ce sont des volontaires, tels René Gagné et son frère Patrice, et Gaétan Brisson de St Narcisse de Rimouski qui entretiennent l’escalier de 318 marches ( c’est 636 à descendre et monter ) qui mène au gouffre..

Je ne saurais répondre.

Je crois que c’est le contact humain..

Il est certain que ces immenses paysages ont formé des gens grandioses.

Et que ces mêmes personnes apportent à la nature une expérience de vie unique qui imprègne toute l’atmosphère de la Gaspésie.

Le vent chante leur joies et leurs peines.

L’air salin conserve le parfum de leurs sourires.

La lumière est le reflet de leur âme..

 




PARLONS GASPÉSIE

24 11 2008

J’aime la Gaspésie.

Encore plus, depuis que cette année j’y suis retourné après plus de trente ans d’absence.

Je me suis longuement préparé à cette visite et j’en récolte encore les fruits.

Je veux en parler avec vous.

Si vous avez des souvenirs de la péninsule, laissez-le moi savoir par vos commentaires.

ATTENTION, je ne veux pas d’agence de voyages ou de promotion de site ou de lieu par la bande.

Si vous travaillez dans le tourisme, allez-y de vos expériences personnelles, non pas professionnelles.

Le premier critère : aimer la Gaspésie dans ses beautés et ses aspects moins beaux, comme ses difficultés de vivre, etc.

Il est temps que cesse cette folie de faire le tour de la Gaspésie en 48 heures. Elle mérite plus.

Je vais écrire comme si je m’adressais, disons,  à un visiteur de France... en essayant de lui faire vivre ce coin de pays si attachant.

Et ensemble, nous réussirons à développer, je l’espère, le désir de passer du bon temps en Gaspésie.

Elle le mérite bien.